
Pendant longtemps, les enquêtes sur la formation professionnelle étaient calquées sur la déclaration fiscale 2483 et répondaient à des questions sur l’effort de formation : Combien de salariés formés ? Combien d’heures ? Quels investissements ?
Aujourd’hui, l’analyse des données formation doit raconter autre chose.
Cette analyse doit éclairer sur l’intelligence artificielle, les nouvelles façons d’apprendre, les transformations organisationnelles, les formats hybrides… et, plus largement, de l’évolution du travail lui-même.

Former presque tout le monde : c’est fait!
Avec un taux d’accès à la formation de 97,6%, la formation professionnelle est devenue une réalité quasi universelle dans la Branche.
Plus de 728 000 heures de formation ont été analysées, témoignant d’un investissement soutenu et en évolution, revenant à des volumes horaires comparables à ceux d’avant la crise sanitaire.
La participation financière dépasse les 4% de la masse salariale, ce qui est largement supérieur aux obligations réglementaires.
Pendant longtemps, l’enjeu principal était l’accès.
Aujourd’hui, la question se déplace progressivement :
Comment développer et activer de nouvelles compétences ?
Comment accompagner des métiers qui évoluent plus vite ?
Comment rendre la formation plus efficace en matière d’apprentissage?
Former davantage n’est plus forcément l’enjeu. Former mieux devient probablement le sujet.

Le paradoxe du distanciel : partout… mais pas pour tout
Le distanciel a gagné une grande partie de la galaxie formation.
89% des salariés ont suivi au moins une formation à distance.
Pourtant, le distanciel représente environ 30% du volume total des heures de formation.
Un paradoxe intéressant.
Le distanciel touche presque tout le monde… mais souvent sous forme de séquences courtes, répétées, intégrées au quotidien.
– Cybersécurité
– Lutte contre la fraude
– Sensibilisations réglementaires
– IA
– Modules métiers
Les formats courts, les classes virtuelles et le micro-learning s’installent durablement.
Autre évolution notable : la montée des parcours blended, notamment pour les nouveaux entrants et certains parcours métiers.
Le sujet n’est plus tant de choisir entre présentiel et distanciel.
Le sujet devient : quel format pour quel apprentissage ?

L’IA sort des laboratoires
L’un des signaux les plus visibles de cette édition concerne l’intelligence artificielle.
Près d’un salarié sur trois a suivi une formation liée à l’IA en 2024.
Il y a encore peu, l’IA concernait principalement quelques spécialistes, équipes innovation ou profils techniques.
Aujourd’hui, elle entre dans les plans de formation des RH, managers, conseillers, communicants ou fonctions support.
Une phase d’acculturation collective semble avoir commencé.
Mais une question demeure :
Formons-nous à des outils ou à de nouvelles façons de travailler ?
Car derrière les usages émergent déjà des enjeux plus profonds : esprit critique, gouvernance des données, intégration responsable et évolution des compétences métiers.

Le retour discret du présentiel
Le présentiel n’a pourtant pas disparu. 67% des salariés ont suivi au moins une formation en présentiel .
Outre les grands programmes d’accompagnement aux nouveaux outils métiers, certaines compétences ne peuvent que se developper en salle et ensemble :
– Posture managériales
– Soft skills
– Co-développement
– Travail en équipe
– Conduite du changement
Comme si certaines compétences continuaient à mieux circuler entre humains qu’à travers des écrans.

Au delà des données, quelles sont les grandes tendances ?
- des apprentissages plus courts
- davantage d’hybridation (blended learning)
- Un rééquilibrage entre présentiel et distanciel
- une IA qui devient culture générale
- une formation davantage intégrée au travail quotidien
- un rôle croissant du manager dans les apprentissages
Former davantage fut longtemps l’objectif.
Former plus vite est devenu une nécessité.
Former utile sera probablement le prochain défi.
Parce qu’au fond, l’enjeu n’est peut-être pas le volume d’heures, les formats ou les modalités.
Mais de développer les compétences qui permettront de traverser un futur encore flou et imprévisible,
L’étude complète est disponible sur le site de l’Observatoire des métiers et des compétences
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